Le double effet « Grand vent sur Saint-Malo » Le double effet « Grand vent sur Saint-Malo »

Ecrit par Stéphane Echasserieau le mercredi 13 juin 2012. Catégorie(s) : Chroniques, Le Mag, Phénomènes

Cerné par la mer, le rocher sur lequel s'est établi la vieille ville de Saint-Malo est particulièrement exposé aux fortes tempêtes qui s'abattent sur lui à intervalles réguliers. L'annonce d'un « coup de vent » sur Saint-Malo ne laisse donc personne indifférent. Que l'on fasse partie de ceux qui se calfeutrent chez eux et qui attendent que la journée passe ou de ceux qui ne manqueraient pour rien au monde le spectacle de la mer déchaînée déversant sa colère sur la ville, on a toujours le cœur qui bat un peu plus fort lorsque le navire de granite se met à tanguer sous les rafales. Pour évoquer une journée de « grand frais » sur Saint-Malo, voici un petit journal tenu lors de la tempête de décembre 2007 :

Dimanche 9 décembre 2007 – Grand vent sur Saint-Malo

10:00 Calme plat. Rien à signaler, si ce n'est une atmosphère étrange. 11:00 Le bulletin d'informations sur France Inter annonce que la tempête a déjà gagné le Finistère. 12:00 Les premiers coups de vent. 14:00 La tempête monte en puissance. La pluie vient accentuer le phénomène. 14:30 Les petits sapins que les commerçants ont placé devant leur vitrine commencent à ployer, puis finalement s'effondrent les uns après les autres. Les vendeurs ou les gérants sortent encore pour les remettre droits. 15:00 Les promeneurs n'ont visiblement pas renoncé à leur déambulation dominicale sur la trajectoire du Piloris ou le long des Remparts. Pourtant des bourrasques de vent et des paquets de pluie viennent gêner leur progression. 16:00 La mer est basse. Nous n'aurons pas droit aujourd'hui à la combinaison gagnante « marée haute + fort coefficient + vents violents » qui produit les plus beaux spectacles. Quelle déception ! La nuit sera déjà tombée lorsque les vagues feront dans la démesure. 17:00 Le vent « retrousse les robes » et retourne les parapluies, les enfants pleurent dans les bras de leurs parents. Une pluie froide et continue vient nous glacer les mains. 17:30 Du côté du Môle, c'est une heureuse surprise, de gigantesques paquets d'eau se laissent glisser le long de la jetée, tel un surfeur sur la vague, avant de retomber lourdement dans un immense brouhaha. La mer n'est pourtant pas très haute. C'est un spectacle inespéré. 17:45 Sur les remparts, les petites gouttes de pluie propulsées à 100 km/h viennent piquer les visages telles de petites billes de plomb. 18:00 L'immense sapin sur la place du Piloris, danse au rythme des bourrasques, les guirlandes illuminées que la municipalité a installé avec tant de soin, s'emmêlent, formant des nœuds indescriptibles. 18:30 Les derniers petits sapins décoratifs sont tombés, les commerçants ne se donnent même plus la peine de les remettre debout. 19:00 L'intra-muros se vide, les derniers curieux rentrent chez eux. 20:00 Le vent continue son œuvre. Bien à l'abri derrière nos quatre murs, nous l'entendons souffler dans les tuyaux d'aération. Et cette tempête que l'on aime admirer à l'extérieur nous procure également cette sensation de confort à l'intérieur. Le double effet « grand vent sur Saint-Malo ».

Commentaires (1)

  • Sylvie

    Sylvie

    19 novembre 2012 à 09:21 |
    Très belle évocation d'une journée particulière

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